Voix Vives acte 6, lundi 22, 19 heures: Burazer, Jung-Allégret, Martinović

Le premier contact avec Diana avait été rugueux: elle avait voulu se faufiler sur la barque de son amie Croate qui avait embarqué avec ses deux enfants au biberon, argumentant en anglais, mais ne connaissant plus la langue quand on la réfute. Non, la barque était pleine elle irait s’asseoir là où il y aurait de la place, point!

Pas rancunière, la Bosniaque est revenue avec une place réservée de récitante et tout s’est délicieusement déroulé. Elle nous enverra même une photo souvenir, et fera de grands saluts aux rencontres suivantes.

Tout ça pour redire que ça joue des coudes pour monter sur les barques avec parfois comme ce soir des résultats hautement burlesques: trois représentants de l’ex Yougoslavie titiste, Montenegro, Serbie, Croatie, qui s’y retrouvent le cul serré sur les mêmes bancs sans éprouver le besoin impérieux de s’étripper férocement comme il y a 25 ans. La poésie serait-elle une enclave de paix entre les fleuves de « polemos » (le guerre en grec ancien)?

  • Diana Burazer (BOSNIE-HERZÉGOVINE), avec Monique R. à la barre

  • Diana Burazer est née en 1953 à Zagreb. Elle est diplômée de mathématiques théoriques à la Faculté des sciences naturelles et
    des mathématiques à Zagreb. De 1977 à 1992, elle a vécu à Mostar (BiH), et, depuis 1992, vit et travaille à Zagreb.
    Ses poèmes sont publiés dans de nombreuxbmagazines, anthologies et panoramas de la poésie croates et bosniaques.
    Diana Burazer a reçu les Prix suivants : le Josip Sever pour le meilleur nouveau livre de poésie non publié Second House, le Silver Fly Feather, le Bulgarian Poetry Award pour la contribution universelle des prix littéraires en tant que jeune poète, le Antun Branko Simié, le Slovo Gorcina (en l’honneur du poète de Mak Dizdar) en BiH, ainsi que le Goranovo proljece en Croatie.

  • Lionel Jung-Allégret (FRANCE), avec Martine L. à la barre

  • Lionel Jung-Allégret est né en 1962 à Neuilly sur Seine. Il a suivi des études de sciences politiques, de droit et de philosophie du droit et est avocat au Barreau de Paris.
    La singularité de son univers poétique s’ancre au coeur des terres solaires et méditerranéennes de la Corniche des Maures dans le Var. Son travail privilégie des textes itinéraires, un poème par livre, interrogeant la possibilité de réconciliations entre la présence de l’homme au monde et sa constante confrontation à la mortalité du vivant.
    Son livre Ecorces signe un retour à l’écriture après un silence de plus de vingt années et a reçu le prix Léon-Gabriel Gros 2011 décerné par la revue Cahiers littéraires internationaux Phoenix. Ecorces a également été sélectionné pour le prix Max Jacob 2012.

  • Miraš Martinović (MONTÉNÉGRO) avec Gilles F. à la barre

  • Né en 1952, Miraš Martinović est l’un des plus célèbres écrivains monténégrins. Sa première publication « Le mythe du Cerisier » a été récompensée par le prix littéraire Lazar Vućković.
    Ses écrits abordent les thèmes de l’Antiquité ainsi que les paysages oubliés du Monténégro comme dans ses ouvrages, « Les chemins de Prevlice », « Ouverture d’Agruvium », « Teuta », « Rêves à Doklea » et « Villes antiques/rêves et destins ».
    Il a également publié des romans : « L’Hérétique », « Les Sages babyloniens », « Le dernier jour d’Eshil », « Le Harfiste d’Ur »… Les recueils de poésie complètent le trésor créatif de Martinović : « L’Invisible Chronique », « Le Discours des rois », « Le discours de la terre »…
    Il est membre du PEN monténégrin et de la Matica Crnogorska et lauréat du prix Okotobar de Herceg Novi, la ville où il réside.